Pour cette occasion, nous nous réunirons lors d’une après-midi d’étude, en présence de Camilo Ramirez, le 5 décembre 2026 dans le local de l’ACF Belgique, 16 rue Defacqz, 1000 bruxelles.
Les inscriptions se font en ligne via le lien d’inscription

La Soucoupe 15 ans après
L’argument de l’après-midi d’étude :
La soucoupe fêtera son 15ème anniversaire le samedi 5 décembre 2026. Née sous l’impulsion de Bruno de Halleux en 2011, dans le but de proposer un appui pour les parents et un accueil ludique le samedi pour les enfants présentant de l’autisme, La soucoupe a navigué durant ces quinze années.
La soucoupe fonde son accueil sur un pari, qu’il fallait oser : rassembler les samedis après-midi, selon un système de roulement, des enfants et des intervenants. De l’accueil ponctuel donc et pas de groupe constitué – pas de grille d’ateliers, pas de projet éducatif ou thérapeutique. Ce décalage par rapport aux dispositifs institutionnels classiques a poussé l’équipe à isoler et nommer cette clinique : la clinique flash 1. Le transfert s’y déploie sur les objets, l’espace, le logo ou le nom de l’asbl.
Lors d’une après-midi d’étude, Éric Laurent avait relevé cette ascèse dans le dispositif proposé, nous rappelant que l’accompagnement s’oriente davantage sur la fonction transférentielle que sur la personne du clinicien 2 ; autrement dit, dans le transfert, le clinicien est avant tout une fonction.
À La soucoupe, l’accès aux objets disponibles et la circulation dans les espaces se fait beaucoup plus librement et les intervenants veillent, avec attention distraite selon la formule de Virginio Baio 3, à repérer dans le détail, ce qui peut faire accroche ou intérêt pour un enfant : objets, déplacements, sons, images, … Ainsi, l’idée selon laquelle nous avons à suivre l’enfant dans l’élaboration de ses circuits – composés d’éléments hétérogènes délivrant une forme au corps comme l’indique É. Laurent 4 – se voit comme « augmentée » grâce au dispositif de La soucoupe.
Par ailleurs, la dimension ludique et les spécificités de l’offre évacuent une part des attentes éducatives ou thérapeutiques. Si La soucoupe est pensée comme un lieu au sein duquel la présence de l’Autre serait vidée de toute demande, cela engage néanmoins un mode de présence particulier qui nécessite une certaine implication en acte du clinicien, « être actif du côté du dire [mais pas] du côté de la présence » 5
.
Au fil du temps, d’autres offres se sont déployées, partant du désir de l’équipe et des demandes des parents : ateliers artistiques, répit individuel, stages pendant les vacances scolaires et dernièrement, accueil pour les tout petits accompagnés de leurs parents. Lieu propice aux inventions et au sur-mesure, La soucoupe traverse les années et maintient la possibilité que, enfants, parents et intervenants, chaque un trouve à loger un peu de soi.
Quels usages les enfants font-ils de La soucoupe ? Quelles sont les intérêts et les impasses de la clinique flash ? En quoi l’accueil qualifié de ludique permet entre autres de traiter les impératifs de l’Autre (guérison, éducation, inclusion, …) ?
Pour cet anniversaire, nous tâcherons d’explorer ces questionnements et nous témoignerons de ce qui, au sein des activités, a fait rencontre pour l’enfant, les parents et les intervenants. Nous aurons la chance de compter parmi nous Camilo Ramirez, psychanalyste et membre de l’ECF, qui a été Président de l’association ParADOxes à Paris 6.
1 Terme issu de réunions d’équipe de La soucoupe asbl et travaillé avec Alexandre Stevens en 2014.
2 Laurent É., « Conversation avec La soucoupe et l’Antenne 110 », Quarto n°126, 2020, p. 73.
3 Baio V., « L’acte à plusieurs, 2025 », in Poblome G. (s/dir.), Savoir ne pas savoir. La pratique à plusieurs avec Virginio Baio, Ottignies, Antenne 110 ASBL, 2025, p.119.
4 Laurent É., La bataille de l’autisme, Paris, Navarin, 2012, p. 70 et 74.
5 Stevens A., « Aux limites du lien social : les autismes », Feuillets du courtil n°29, janvier 2008, p.25.
6 Il est également l’auteur du livre « Haine et pulsion de mort au XXIe siècle : Ce que la psychanalyse en dit », aux Éditions L’Harmattan, 2019.

